SOLEIL DE NUIT

JEUDI 24 MARS 2016 à 20h

Projection//discussion autour de « Soleil de Nuit » avec Florence Poudru autour du thème Danse//Cinéma//Propagande
Soleil-de-nuit

« Soleil de Nuit » (White Nights) de Taylor Hackford (1986 – 137min)

Nikolai « Kolya » Rodchenko (Baryshnikov) est un danseur de ballet qui a fui l’Union Soviétique. L’avion qui le transporte à Tokyo doit faire un atterrissage forcé en Sibérie, où il est reconnu par l’officier du KGB Colonel Chaiko (Jerzy Skolimowski). Chaiko contacte alors le danseur de claquettes afro-américain, Raymond Greenwood (Hines), qui a passé le rideau de fer pour rejoindre l’Union Soviétique et les envoie tous deux à Leningrad. Chaiko veut que Rodchenko danse pour la première de la saison au Kirov. Greenwood doit l’en convaincre et prend soin du danseur étoile. Pour convaincre Rodchenko, Chaiko utilise Galina Ivanova (Mirren), une ancienne ballerine et ancien amour de Rodchenko. Après quelques semaines marquées par des frictions raciales et artistiques, les deux danseurs comprennent que leurs destins sont désormais liés. Quand Raymond découvre que sa femme Darya (Rossellini) est enceinte, il se rend compte qu’il ne veut pas que son fils grandisse en URSS et il décide de planifier une évasion avec Rodchenko…

Ce film poursuit tout naturellement la thématique de la propagande entamée avec La Belle de Moscou. Presque 30 ans plus tard, Hollywood continue de faire la promotion des USA comme pays de liberté et des droits de l’homme face à une caricature de l’URSS diabolisée à l’extrême. En s’appuyant sur l’histoire bien réelle d’un des plus grands danseurs russes de l’histoire, le réalisateur donne à voir pourtant une histoire à double tranchant quelques années avant la Glasnost qui mènera à la chute du mur de Berlin. La danse conçue par une des plus illustres chorégraphes américaines, Twyla Tharp, tisse un lien intelligent entre les deux univers, incarnés par deux monstres sacrés et faire redécouvrir l’héritier direct de Sammy Davis Junior – le plus grand tap dancer américain de la fin du XXème siècle : Gregory Hines. Florence Poudru nous donnera les clés d’une reflexion à la fois autour de l’aspect politique mais aussi artistique de ce film culte pour plus d’un danseur… sans oublier une distribution sublime qui permettra à n’importe quel cinéphile de découvrir un film bien plus complexe qu’il n’y paraît.

 

Florence-Poudru
Florence Poudru
, réalisateur, journaliste et critique de cinéma

Docteur de l’Université de Paris 1 Panthéon-Sorbonne, Florence Poudru est historienne de la danse, professeur au Conservatoire national supérieur de musique & de danse de Lyon. Expert, conférencière, elle est auteur pour des Opéras (Paris, Genève, Toulouse…) et des festivals. Chercheure, elle est rattachée à l’Ecole doctorale 3LA de l’Université Lumière Lyon 2, Laboratoire Passages XX-XXI  (EA4160), titulaire d’une Habilitation à diriger des recherches (HDR). Elle enseigne dans de nombreuses institutions, notamment pour le Certificat d’aptitude (C.A.) et le Diplôme d’Etat, au C.N.D. pour les formations en compagnie, au CAFEDANSE d’Aix-en-Provence où elle est formatrice depuis 1992. Co-auteur d’une Histoire de la danse, repères dans le cadre du Diplôme d’Etat. (C.N.D., 2000) et de la biographie consacrée à la danseuse Violette Verdy (CND, 2008, avec le cinéaste Dominique Delouche), elle est également l’auteur de Serge Lifar, la danse pour patrie (Hermann, 2007), Un Siècle de danse à Lyon (Editions Stéphane Bachès, 2008) et du catalogue d’exposition Dans le sillage des Ballets russes 1929-1959 dont elle a été la commissaire scientifique au Centre National de la Danse en 2010.

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